Retour sur le Marseille LibDay 2016

Retour sur le Marseille LibDay 2016

Présentation

Compte-rendu (très) personnel du Libday qui a eu lieu le 14 Octobre dernier à Marseille. Je voulais vous faire un compte-rendu (très scolaire) point par point des conférences auxquelles j’ai pu assister et puis la mise en ligne des vidéos me coupe l’herbe sous le pied. 

Vous avez donc tout le loisir de faire votre petit marché sur la page media du site si vous voulez de l’exhaustivité et en conséquence voici une vision plus personnelle et transversale.

Logiciel libre, communauté et gouvernance

C’est un aspect important du logiciel libre (LL) qui a été évoqué dans plusieurs conférences tout au long de la journée.

Le libre c’est généralement :

  • des utilisateurs
  • une communauté de développeurs
  • et bien souvent un « éditeur » historique ou un développeur à l’origine du logiciel

Quelles sont les interactions entre ces 3 parties ?

Cela peut aller d’une direction très autocratique dans le cas où l’éditeur du Logiciel Libre est également une société de service commerciale à une gestion totalement décentralisée.

On cite souvent le cas d’un logiciel autrefois commercial dont le code a été libéré à la fermeture de l’entreprise et qui est géré par la communauté de ses anciens utilisateurs.

Dans le cas d’un LL porté à bout de bras par une seule entreprise, comment atteindre la masse critique de développeurs permettant vraiment de sortir du « mono-éditeur » et que faire dans ce cas ? Que se passe t’il si la communauté a une vision différente des intérêts du créateur ?

C’est là que la question de la gouvernance se pose et l’on voit bien que le LL ce n’est pas uniquement une affaire de techniciens mais avant tout de la politique dans tous les sens du terme.

Comment gérer les demandes des utilisateurs ? C’était notamment le sujet de la conférence de Bluemind (au titre pas évident à comprendre avant d’assister à la présentation). Comment faire pour ne pas être « pollué » par toutes les demandes de la communauté ? Comment les trier, les hiérarchiser et éviter de répondre à tout et n’importe quoi ? En effet entre déclarer un bug et ajouter une feature, il y a de grosses différences...

En tant qu’utilisateurs d’un LL, il y a toujours cette tension entre nos attentes particulières et le fait qu’il faille avant tout se retrousser les manches quand on veut une nouvelle fonctionnalité. Une fois celle-ci développée, encore faut-il qu’elle soit intégrée au code source de la prochaine version et on retombe encore dans des questions de gouvernance.

Et sinon ? Et bien on peut en arriver au fork et à un nouveau LL qui se base sur l’ancien avec un risque de dispersion pour les utilisateurs.

Parfois ce fork est salvateur dans le cas où faute d’une licence utilisateur valable, un LL évolue petit à petit vers une version commerciale (ex : les community editions Vs les enterprise editions de certaines solutions e-commerce).

Bref, il en va du logiciel libre comme de la démocratie. Ce n’est pas tant libérer son logiciel qui est le plus dur, mais c’est tout ce qui va se passer par la suite qui compte.

Le choix d’une bonne licence peut être un garde-fou efficace, et pour les utilisateurs un gage de pérennité. Cela tient parfois du choix religieux pour certains mais à titre d’exemple la GNU GPL3 offre de bonnes garanties :

  • Le code source doit être disponible (et comme évoqué en conférence, un logiciel dont vous ne pouvez pas modifier le code source en production n’est pas vraiment libre...)
  • Toute modification apportée doit être publiée avec la même licence (et on évite ainsi le retour à une version « commerciale »).

Le logiciel libre et le « cloud » (ou une menace que nous n’avions pas vu venir)

Vous vous pensiez à l’abris de tout enfermement (vendor lock-in) en utilisant du logiciel libre, mais ce n’est plus suffisant.

Aujourd’hui on peut très bien utiliser un service en ligne réalisé à 100% avec des logiciels libres et ne pas être maître de ses données. On vous rappelle au passage que :

  • Le cloud c’est avant tout l’ordinateur de quelqu’un d’autre ;
  • Quand bien même il est indiqué que l’on peut récupérer ses données, partir avec ses informations dans un format de type CSV (non structuré), ça n’est ni très fair-play ni utilisable.

Alors que faire quand on ne veut pas ou ne peut pas maintenir son propre cloud ?

Et bien on peut essayer de trouver un service en ligne libre et loyal au sens donné par l’AFUL :


 

Sont considérés comme loyaux les services en ligne qui permettent :

à leurs utilisateurs de disposer, dans un format ouvert, de l’intégralité de leurs données ainsi que des données et informations liées nécessaires pour l’exploitation de ces données par un autre fournisseur de service en ligne ;

à leurs utilisateurs de disposer sous licence libre de tous les logiciels nécessaires pour mettre en œuvre le service en ligne afin de pouvoir bénéficier du même service sur une infrastructure autonome ou exploitée par une tierce partie ;

à un concurrent potentiel de proposer un service comparable, excluant tout verrouillage juridique empêchant la possibilité d’offrir le même service ;

un usage du service par tous, partout, et sans discrimination aucune vis-à-vis d’un groupe ou d’une personne ;

à leurs utilisateurs la garantie du secret absolu et la protection de leurs données, y compris sous forme anonymisée. La fourniture à un tiers de données relatives à l’usage du service ne peut se faire sans un accord préalable explicite de l’utilisateur, au cas par cas.

Ce n’est pas si simple ni évident de trouver ce genre de services, mais le futur du LL passera pas là. Citons quand même : https://degooglisons-internet.org/.

Smile WebFactory pour Drupal, LA solution pour les usines à sites, en opensource

Je vais quand même parler d’une conférence en particulier parce qu’elle touchait à Drupal et que c’est un sujet important pour nous.

Une des forces de Drupal est de pouvoir gérer de manière unifiée un grand nombre de sites similaires pour réaliser ce que l’on appelle communément des « usines à sites ».

Comme souvent avec le CMS Drupal, il n’y a pas qu’une seule manière de faire :

  • multi-sites (une seule instance de Drupal faisant tourner plusieurs sites avec chacun une base de données distincte et tout ou une partie du code en commun)
  • multi-domaines (tous les sites partagent le même code et la même base de données, mais les informations sont publiées sur des domaines différents)
  • Utiliser la distribution AEGIR dont c’est l’objet.
  • Et depuis peu le module Webfactory développé par la société Smile.

Ce module est très prometteur, d’une part parce qu’il a le mérite d’exister en version 8 de Drupal, d’autre part car il permet le déploiement de nouveau sites à partir d’un site central quasiment « au clic ».

Dans les faits, il s’agit au final d’une installation multi-sites mais dont la gestion peut se faire en back-office du CMS à la manière d’AEGIR. AEGIR ne limite pas l’installation de sites sur une même infrastructure (ce qui peut être pratique dans le cas de sites dont l’audience dépasse un cadre régional), mais il n’est pas toujours par porté en version D8. Webfactory est une solution moins ambitieuse mais qui demande moins d’expertise technique (administration système surtout).

L’autre avantage de Webfactory est qu’il est possible de partager du contenu (pas encore toutes les entités Drupal, mais c’est au programme) entre le site central (Master) et les sites satellites déployés (slaves). Jusqu’ici il fallait soit faire cela « à la main » soit passer par une solution multi-domaines et ce n’est pas toujours la meilleure des solutions.

Là aussi Webfactory est une solution encore perfectible mais qui offre déjà des perspectives intéressantes pour peu que l’on rentre dans le cadre de son utilisation.

Nous n’avons pas encore pu malheureusement l’utiliser pour l’un de nos clients, mais c’est un module que nous présentons de plus en plus dans nos offres.

Et Elastic Search ?

Il y avait une très belle présentation de la suite ELK par Jérémy Lecour de la société Evolix, mais on vous en parle déjà en partie ici alors ce sera pour une prochaine fois.

Pour finir

Franchement j'aurais préféré une bière de la plaine pour un évènement marseillais...

@lcoullet

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