Recherche vocale et SEO : La fin du SEO ?

Recherche vocale et SEO : La fin du SEO ?

Depuis quelques mois, la planète SEO s’agite fréquemment autour de l’évolution de la recherche vocale. Entre discours dystopiques qui annoncent la mort du métier de SEO (encore une fois !) et les discours utopiques qui voient la recherche vocale comme le messie, il est temps d’analyser cela pour tenter de procurer un point de vue nuancé sur la question.

La recherche vocale va-t-elle tuer le SEO ?

Aujourd’hui, la recherche vocale n’a pas pour ambition de remplacer purement et définitivement la recherche textuelle. Son but est de se montrer complémentaire au SEO classique.

De par sa nature, la recherche vocale propose un nouveau type d’interaction avec les appareils « connectés », ce qui propose également de nouvelles requêtes.

De nouvelles opportunités de positionnement dans les résultats de recherche

En effet, il est possible de constater que la recherche vocale est très différente de la recherche écrite.  Cela s’explique par le fait que les utilisateurs ont de plus en plus conscience de l’importance des mots clés. Les résultats de recherche sont donc positionnés par rapport aux requêtes des internautes (comprises généralement entre 1 et 4 mots clés).

La recherche vocale permet donc un langage plus naturel, ce qui résulte donc en l’arrivée progressive de nouvelles requêtes pour lesquelles le contenu n’a peut-être jamais été créé. Ces requêtes sont plus longues, plus précises et formulées de manière plus naturelle. L’ensemble de ces constatations annoncent de nouvelles requêtes et donc, de nouvelles opportunités de positionnement pour la recherche vocale.

Grâce à la recherche vocale, les compteurs sont presque remis à zéro, un nouveau terrain de jeu va ouvrir, c’est un tournant à prendre de manière incontestable.

Les GAFAM et la recherche vocale

Depuis plusieurs années, les géants de l’internet propulsent tant bien que mal la recherche vocale. D’ailleurs Apple en a fait son avantage principal lors du lancement de l’iPhone 4s avec en exclusivité Siri, Google a ensuite poussé Google Now et Microsoft a lancé Cortana sur l’ensemble des appareils équipés de Windows 10. Plus récemment, nous avons pu rencontrer Alexa d’Amazon avec Google Home.

Le lancement de ces différents services montre clairement la volonté des grands acteurs de réduire au maximum le chemin entre l’interrogation de l’utilisateur et la réponse fournie par l’entreprise, c’est une cause louable, il faut bien l’avouer.

L’effet Google Glass : Parler a un objet, c’est bizarre.

Tout n’est pas tout rose. Enfin, peut-être, mais nous ne le savons pas encore…

Replongeons-nous dans l’histoire, lors du lancement des Google Glass. Ces lunettes révolutionnaires devenaient le nouvel œil de l’homme grâce à ses fonctions toutes aussi poussées les unes que les autres. D’ailleurs, pour les déclencher, il ne suffisait que de quelques mots. Le problème s’est posé précisément à cet endroit, c’est l’un des facteurs ayant mené la lunette de Google à sa perte.

Même  Eric Schmidt, qui a été PDG de Google entre 2001 et 2011 l’a avoué : Parler à une paire de lunettes « Google Glass », c’est bizarre. Cela reflète bien un certain décalage social entre les ambitions de Google et la réalité. Parler à un appareil créé un décalage trop important par rapport à ce qui est accepté socialement, pour illustrer cela, rappelez-vous de la dernière fois où vous avez vu quelqu’un parler seul, qu’en avez-vous pensé ?

Pour refaire le parallèle avec la recherche vocale, il est tout à fait légitime de se poser la question de savoir si dorénavant, parler à son appareil peut être socialement acceptable.

La réponse à cette question impactera directement le développement de la recherche vocale.

Avis personnel du rédacteur : Aujourd’hui, la démocratisation des appareils dotés de la capacité à parler se développe petit à petit mais je ne pense pas qu'en France nous soyons prêts à parler à nos appareils, bien que les GAFAM poussent l’idée dans ce sens.

A mon avis, cela est une stratégie sur plusieurs étapes, d’abord on fait parler les objets, ensuite on propose à l’utilisateur de parler à son objet chez lui dans le cadre privé (Google Home/Alexa), et enfin on fera discuter l’utilisateur avec son objet en public. Loin de moi l’envie de comparer cette méthode avec des techniques de psychologie sociale mais il faut bien avouer que la technique du pied dans la porte s’esquisse à l’horizon : demander un peu plus à chaque fois pour atteindre son objectif.

Quand serons-nous confrontés à cette problématique ?

Il est possible que nous soyons réellement confrontés à la problématique du SEO adapté à  recherche vocale dans les 5-10 prochaines années. Lee SEO vocal n'aura pas vocation à remplacer purement et simplement le SEO classique, il se fera en complément du SEO que nous connaissons tous aujourd'hui.

Mais les avancées en matière d'IA transforment petit à petit Google, en gommant l'aspect "moteur de recherche" au profit du "moteur de réponse".

Du point de vue "business", il est probable que dans 10 ans la réponse sera fournie par Google bien avant de se poser la question et si c'est du commercial, c'est encore mieux !

Pour conclure, le fait que la manière de chercher diffèrera permet de créer de nouveaux types de requêtes à exploiter.

C'est un tournant à prendre incontestablement, mais pour quand ? C'est la grande question.

 

Sofiane Douichen

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